L'emploi

Situation de l'emploi

Une enquête annuelle

Le point sur la situation de l’emploi est fait chaque année par l’enquête Besoins de main d’œuvre (BMO) réalisée par Pôle emploi et le CREDOC,

Selon l’enquête sur les perspectives 2021, de nombreuses entreprises connaissent toujours des difficultés à recruter. Le nombre de projets de recrutements en Loire-Atlantique (tous métiers) s’élève à plus de 76 000 dont 30 % d’emplois saisonniers, et le taux de recrutements difficiles est de 53 %. Sur le bassin de Nantes le nombre de projets de recrutement est de 45 000 dont 52 % déclarés comme difficiles.

Une autre enquête (DARES) indique le nombre d’emplois vacants évalués au niveau national fin 2020 à 185 000, en forte augmentation par rapport aux années 2000, où ce nombre variait de 50 à60 000.

Les dix métiers pour lesquels il y a le plus de recrutements difficiles non saisonniers sur le bassin d'emploi de Nantes sont les agents d'entretien de locaux, les manutentionnaires, aide à domicile et aides ménagères, aides-soignants et animateurs socio-culturels.  Soit au total pour ces 5 métiers 6 900 postes difficiles à pourvoir selon les employeurs.

On trouve ensuite les employés de restauration, serveurs, infirmiers et agents de service hospitalier, ouvriers agricoles pour un total de 2 000 postes difficiles à pourvoir. Les métiers du bâtiment n'arrivent qu'en 22e position (maçons, puis couvreurs), avec un nombre plus limité mais un taux de difficulté très élevé, de 92 % pour les couvreurs.

Les 10 métiers les plus recherchés sur le bassin d'emploi de Nantes en 2021

Les 3 métiers qui présentent le plus de difficultés non saisonnières (plus de 75 % de difficultés) sont les agents d'entretien de locaux, les animateurs socioculturels, et les manutentionnaires.

Les métiers saisonniers les plus difficiles à pourvoir sont ceux d'ouvriers en maraîchage, agents de sécurité, employés en hôtellerie.

Analyse

Il s’agit d’une situation classique en période de reprise économique et quasi-permanente pour les métiers difficiles.

Le fait d’ouvrir ces emplois à des migrants ne diminue pas le nombre de postes que les Français peuvent occuper, au contraire. Pour deux raisons :

  • Un grand nombre de Français, même chômeurs, ne postulent pas à ces emplois (le taux de tension offres/demande en témoigne) ;
  • Les postes pourvus par des migrants constituent une source de valeur ajoutée pour l’entreprise : de ce fait, chaque nouvel emploi permet de développer l’activité locale, c’est-à-dire de créer des revenus dans d’autres secteurs, qui seront de nouvelles opportunités d’emplois (indirects et induits) pour les Français.

 

Il faut bien sûr être vigilant sur ce sujet, de manière à ce que les embauches de réfugiés ne se fassent pas au détriment des conditions d’emploi globales. Ceci en particulier pour les emplois qualifiés (risque de mise en concurrence et de pression à la baisse des salaires), et pour les emplois saisonniers (risque de précarité accrue de ce type d’emplois). 

Trois secteurs d’activité sont ouverts aux demandeurs d’asile titulaires d’une autorisation temporaire de travail : maraîchage (agriculture et agroalimentaire par extension), bâtiment, nettoyage (en hôtellerie restauration par extension) mais toutes les entreprises peuvent recruter des demandeurs d’asile si elles justifient, argumentent, leur besoin de main d’œuvre.

La situation fin 2020

Le confinement imposé par la crise sanitaire a provoqué un blocage quasi général des embauches en mars, suivi d'une reprise après l'été.

Selon les données de la DARES au niveau national le nombre d'emplois déclarés vacants par les employeurs se situe toujours à un très haut niveau au 4e trimestre 2020 : plus de 185 000.

emplois vacants

Selon Catherine Poux directrice des services aux entreprises de Pôle emploi les secteurs qui manifestent le plus de besoins de recrutement en ce moment sont ceux en première ligne face à la crise sanitaire : le domaine de la santé, l’action sociale et l’aide à la personne. Puis, en deuxième ligne, ceux qui contribuent à la chaîne alimentaire, comme le commerce alimentaire, l’industrie agroalimentaire et l’agriculture (source Ouest-France 26 avril 2020).

Sources documentaires

Enquête BMO 2021 https://statistiques.pole-emploi.org/bmo

DARES https://dares.travail-emploi.gouv.fr/dares-etudes-et-statistiques/tableaux-de-bord

Arnaud du Crest, Difficultés de recrutement en période de chômage, L’Harmattan, 2001.