L'emploi

Situation de l'emploi

Une enquête annuelle

Le point sur la situation de l’emploi est fait chaque année par l’enquête Besoins de main- d’œuvre (BMO) réalisée par Pôle emploi et le CREDOC,

Selon l'enquête 2024, sur la Loire-Atlantique, on compte 71 000 projets de recrutement, dont 60 % de recrutements déclarés comme difficiles.

Le taux de difficultés à recruter est de 100 % pour 18 métiers et 7 affichent  un taux supérieur de 90 % à 99 %.

Des métiers de premier niveau de qualification sont également en forte tension : Artisans et ouvriers de blanchisserie (taux de difficulté de 94%), Personnels de ménage chez des particuliers (88%), Ouvriers peu qualifiés de l'extraction et des travaux publics (88 %), Aides à domicile et auxiliaires de vie (75%), Ouvriers peu qualifiés des industries agro-alimentaires (74%)… pour un total de 11 620 projets de recrutement.

Par rapport à 2023, le nombre de projets diminue de 8 % comme au niveau national, le taux de difficultés passe de 70 % à 60 %, mais la part de projets saisonniers augmente légèrement (de 24 % à 27 %). En 10 ans, le nombre de projets d'emploi a augmenté de 81 % et le taux de difficulté moyen de 70 %.

Le taux de difficultés Loire-Atlantique reste supérieur à la moyenne nationale (57 %), et 66 % du nombre des projets d'emploi ont un taux de difficulté compris entre 60 % et 90 %.

Les emplois saisonniers sont présents dans les 15 premiers métiers (principalement en agriculture et maraîchage, et hôtellerie avec des taux de plus de 70 %.

Une autre enquête (DARES) indique le nombre d’emplois vacants évalués au niveau national fin 2022 à 351 000 (pour 215 000 début 2021), et en très forte augmentation par rapport aux années 2000, où ce nombre variait de 50 à 60 000.

L'INSEE a repris les données depuis 2015 et montre que les difficultés de recrutement en Pays de la Loire ont doublé en huit ans. Voir le résumé de la publication.

 

Les 10 métiers les plus recherchés en Loire-Atlantique en 2024

Le bassin de Nantes compte 42 000 projets de recrutement, dont 61 % déclarés comme difficiles, la part de saisonniers est de 18 %.

Sur le bassin d'emploi de Nantes les métiers les plus tendus avec plus de 1000 projets de recrutement en 2024 sont ceux d'aide soignants (1240 projet, taux de difficulté de 85 %), technicien informatique (1060, 84 %), Professionnels de l'animation socioculturelle (1000, 90 %), Serveurs de cafés restaurants (970, 52 %), Personnels de ménage chez des particuliers (960, 95 %).

Le taux de 100 % de difficultés à recruter est indiqué pour 34 métiers, dont 5 métiers "peu qualifiés" donc accessibles à des personnes non diplômées : Ouvriers peu qualifiés en conduite d'équipement d'usinage, Ouvriers peu qualifiés des industries chimiques et plastiques, Ouvriers de la peinture et du traitement de surface, Maçons peu qualifiés, Ouvriers peu qualifiés de conduite d'installation de production de métaux.

Au total 65 métiers indiquent un taux de 80 % de difficultés, bien au-delà des 30 métiers par région de l'arrêté officiel.

Analyse

Il s’agit d’une situation classique en période de reprise économique et quasi-permanente pour les métiers difficiles.

Le fait d’ouvrir ces emplois à des migrants ne diminue pas le nombre de postes que les Français peuvent occuper, au contraire. Pour deux raisons :

  • Un grand nombre de Français, même chômeurs, ne postulent pas à ces emplois (le taux de tension offres/demande en témoigne) ;
  • Les postes pourvus par des migrants constituent une source de valeur ajoutée pour l’entreprise : de ce fait, chaque nouvel emploi permet de développer l’activité locale, c’est-à-dire de créer des revenus dans d’autres secteurs, qui seront de nouvelles opportunités d’emplois (indirects et induits) pour les Français.

 

Il faut bien sûr être vigilant sur ce sujet, de manière à ce que les embauches de réfugiés ne se fassent pas au détriment des conditions d’emploi globales. Ceci en particulier pour les emplois qualifiés (risque de mise en concurrence et de pression à la baisse des salaires), et pour les emplois saisonniers (risque de précarité accrue de ce type d’emplois). 

Trois secteurs d’activité sont ouverts aux demandeurs d’asile titulaires d’une autorisation temporaire de travail : maraîchage (agriculture et agroalimentaire par extension), bâtiment, nettoyage (en hôtellerie restauration par extension) mais toutes les entreprises peuvent recruter des demandeurs d’asile si elles justifient, argumentent, leur besoin de main d’œuvre.

La situation fin 2023

Selon les données de la DARES au niveau national le nombre d'emplois déclarés vacants par les employeurs reste à un niveau historiquement élevé. Au niveau national, le nombre d’emplois vacants a doublé entre 2019 et 2022, passant de 190 000 à 396 000, pour revenir à 347 000 fin 2023, donc encore beaucoup plus élevé qu’en 2019. Pour la Loire-Atlantique, on peut estimer à 9 500 le nombre d’emplois vacants (prorata du nombre de salariés et du taux de difficultés de recrutement).